Étude conjointe d’observation (ECO)

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS DE L’ÉTUDE

L’Étude conjointe d’observation (ECO) a été lancée afin d’enregistrer sur une période de trois ans, dans le secteur situé entre l’écluse Snell et le milieu du lac Saint-François, les éventuelles répercussions physiques des opérations de déglaçage menées à l’appui de la navigation commerciale dans la Voie maritime du Saint-Laurent. En particulier, l’étude portait sur cette question centrale : « Les opérations de déglaçage ou les transits de navires en présence de glace dans le secteur visé par l’étude causent-elles : 1) une érosion des rivages par la glace; 2) le détachement prématuré de la glace riveraine?

À mesure que progressait l’ECO, le comité directeur a découvert à quel point ce mandat simple en apparence était en fait complexe, surtout pour ce qui est de distinguer les effets naturels des effets anthropiques touchant la glace sur les rivages. Grâce à la participation active de tous les membres de l’équipe de l’étude et à l’esprit de coopération régnant entre eux, l’ECO a toutefois pu être menée à bien.

S’appuyant sur les trois ans d’observations générales dont deux années pendant lesquelles il y a eu des opérations de déglaçage, les conclusions suivantes ont été dégagées en réponse directe à la question centrale de l’ECO :

  1. Des opérations de déglaçage ne sont pas requises chaque année pour ouvrir la Voie maritime. De fait, des brise-glace ont seulement dû intervenir deux ans sur les trois ans visés par l’étude.
  2. Des effets de faible envergure, en eau peu profonde, surviennent sur le rivage par suite de la débâcle et du dégagement naturels de la glace, ainsi que l’ont révélé les observations de la troisième année du mandat. Ces effets constituent la référence pour l’évaluation des effets produits sur le rivage par les opérations de déglaçage / dégagement.
  3. Par rapport à la référence de la débâcle et du dégagement naturels de la glace, aucun effet sur le rivage causé par la glace n’a été observé dans les deux années de l’étude au cours desquelles des brise-glace ont été utilisés pour dégager la Voie maritime. En outre, pendant la deuxième année du mandat, une analyse des forces exercées sur le rivage par les opérations de déglaçage a indiqué de faibles pressions en comparaison des niveaux auxquels se produisent habituellement les ruptures de la glace. En outre, les calculs ont révélé que les forces engendrées par le déglaçage et transmises au rivage, dans des conditions semblables et avec un état des glaces semblable, sont sensiblement moindres que celles produites par des grands vents.
  4. La méthode des degrés-jours de gel (DJG) n’est pas en soi un indicateur fiable de l’état de la couverture de glace ou de l’importance potentielle des effets sur le rivage. D’autres facteurs importants, comme le niveau et le débit de l’eau, la température de l’air et de la glace ainsi que l’épaisseur de la glace doivent être pris en compte.
  5. Aucun effet physique sur le rivage n’a été signalé par les propriétaires le long du rivage visé par l’étude de trois ans.

À la lumière de l’expérience et des constatations de l’équipe de l’étude, les recommandations suivantes ont été formulées :

  1. Un processus prévoyant la consultation de toutes les parties intéressées devrait continuer d’être utilisé pour fixer la date d’ouverture de la Voie maritime.
  2. Les opérations actuelles de déglaçage devraient continuer en exerçant la même diligence que pendant les deux années où des brise-glace ont été utilisés.
  3. La méthode de l’indice des degrés-jours de gel (DJG) devrait être complétée par d’autres sources d’information comme des images de RADARSAT, des photos aériennes, des données sur le niveau et le débit de l’eau ainsi que des profils de l’épaisseur et de la température de la glace, de façon à obtenir une évaluation plus complète et plus précise de l’état des glaces. Les données devraient être réunies de façon continue afin d’augmenter les connaissances locales qui aideraient à reconnaître des conditions extrêmes.
  4. Les efforts devraient être poursuivis en vue de synthétiser ces données pour produire des lignes directrices simples permettant de réduire la collecte de données qui serait nécessaire dans les années futures.

Étude conjointe d’observation – volume 1
Étude conjointe d’observation – volume 2
Étude conjointe d’observation – rapport final